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Les premiers quartiers bougent toujours !

22 décembre 2010

Au Pinoy, à Helmet, à Saint-Gilles, à Forest, ou à Ixelles, patiemment mais surement la vie des quartiers durables continue depuis que ceux-ci sont autonomes. Un mouvement local est en marche, une dynamique est lancée. Quelques dalles colorées fraichement installées pour remplacer le gris pavé, deux jardins partagés en passe d’être travaillés et labourés, des parcours végétaux et découverte bientôt réalisés, un apéro de quartier raisonnablement arrosé pour assurer la convivialité.

Une quinzaine d’enfants de la Gerbe, une association locale, sont présents. Damien, leur animateur, est également de la partie ainsi que les infatigables Laurence Stevelinck et Olivier Alexandre. Aujourd’hui, de bon cœur, on casse du pavé afin que sept dalles colorées soient scellées. Sur chacune d’elles un escargot est représenté. Partant de la Place d’Helmet, elles indiquent le chemin du jardin partagé – fraichement ré-ouvert et qui accueille aujourd’hui le compost collectif de dix-sept ménages.

Emin, son mari et leur petite fille de 18 mois assistent également à l’embellissement de ces bouts de trottoir. « Cela fait maintenant deux ans que nous habitons le quartier. Lorsqu’il y a plus d’un an j’ai découvert dans ma boîte aux lettres le flyer annonçant le parcours végétal, j’ai sauté sur l’occasion pour y participer », précise-t-elle. « C’était l’occasion de rencontrer le voisinage, de sympathiser, et de s’intégrer à la vie du quartier. Et d’apporter une petite touche verte ». Car c’est promis, une fois les rénovations intérieures terminées, le jeune couple s’attaquera à la verdurisation de la façade.

En chemin vers le jardin

Il aura fallu plus d’un an de réunions, rencontres, discussions pour que le parcours végétal schaerbeekois puisse prendre forme. Les mosaïques autour du thème de l’escargot ne sont qu’un début. Une fois les subsides octroyés, des bacs à fleurs viendront s’ajouter aux escargots pour agrémenter les rues schaerbeekoises.

Riches en activités et projets, l’année Quartier Durable à Helmet a vu la création d’une Gasap, d’un réseau d’échanges, d’une donnerie, et de bien d’autres choses. Cette année aura également encouragé des synergies entre le quartier durable et d’autres associations locales – des synergies toujours à l’œuvre dans le cadre du nouveau contrat de quartier.

De synergies et collaborations, il est aussi question à Saint-Gilles où le groupe Ba-o-bab 81 a tour à tour travaillé avec la commune sur la thématique de la propreté, avec Forest Vert pour l’organisation du masse critique commune aux deux quartiers, avec le collectif auto-suffisance sur la sensibilisation des habitants à la pollution de l’air, et plus récemment avec les habitants de la cité Fonteinas pour l’ouverture d’un potager collectif.

Projet de longue haleine qui devrait bientôt se concrétiser, la création du potager continue de monopoliser la plus part des énergies. « C’est un projet tellement porteur qu’il accapare quasi toutes les énergies. À un tel point que Ba-o-bab a eu des difficultés à faire d’autres choses », remarque Claire Scohier. « Rien que par rapport aux réunions, nous voyons la différence. Pour le potager les réunions se font et les participants y assistent. Mais c’est sur le potager. À côté, nous essayons de maintenir une réunion Ba-o-bab généraliste une fois par mois, pour maintenir une certaine dynamique, mais nous sommes généralement très peu nombreux – cinq, six ».

Visibilité exigée

Si une trop forte focalisation sur un unique projet peut bien sûr représenter un danger, un autre risque encouru par les premiers quartiers peut consister en un manque de visibilité de leurs actions.

« Il y a clairement moins de moyens. Nous n’avons plus l’aide de Bruxelles Environnement et les 15 000 folders à mettre dans les boites aux lettres. Mais nous sommes quand même assez étonnés de voir que via le site internet,  chaque mois, deux-trois personnes s’inscrivent à la newsletter », explique Laurence Stevelinck. À Saint-Gilles aussi, après un passage à vide, on met à nouveau le site internet à jour. On s’est rendu compte de son importance.

Cette exigence et ce besoin de visibilité ont amené le Pinoy, à Auderghem, à investir les subsides du projet d’intérêt commun dans un outil d’information. Cet outil : un chalet qui à moyen-long terme servira de point de dépôt des paniers bio, dans l’immédiat qui servira la communication du quartier.

« Malgré la bonne volonté des participants, le site internet, et la mailing list nous n’arrivons pas à atteindre toute une part de la population. L’une des valeurs ajoutées de ce chalet, à côté de l’aspect durable et conviviale,  sera d’avoir un lieu central d’informations, un lieu physique, un lieu qui fonctionne comme point de ralliement », développe Olivier Jung.

Si déjà le comité de quartier du Pinoy a dû faire face à plusieurs complications quant à la construction et l’emplacement dudit chalet (il sera finalement construit à côté du compost collectif lancé il y a un an), les Auderghemois ne semblent pas se décourager tout en appréciant tranquillement un apéritif dominical.

« Le chalet permettra également que des synergies se fassent et d’avoir un impact plus global. Les personnes venant pour le compost seront de la sorte sensibilisées à l’alimentation durable, ou simplement en contact avec le comité de quartier et ses activités. Un maillage, des liens seront ainsi créés », continue-t-il.

Chi va piano, va sano e va lontano

Quelques mois après la fin de l’accompagnement de Bruxelles Environnement, les différents quartiers continuent leurs actions et semblent toujours mobiliser un certain nombre d’habitants par quartier. Le soufflé ne retombe pas. Une douzaine par-ci, une dizaine par-là.

« Lors de la réunion de plate-forme nous étions une vingtaine suite à un courrier envoyé à l’ensemble de la mailing list de près de 300 personnes. Donc ce n’est pas si mal », confirme-t-on à Helmet.

Qui veut voyager loin ménage sa monture. Doucement mais surement, les premiers quartiers durables semblent avoir trouvé leur rythme de croisière. Moins de réunions, pas mal de participants, et un bon volume de travail. Des projets verts teintés de convivialité sont pensés et développés. Des activités conviviales sur lesquelles viennent se greffer des touches vertes rassemblent des voisins. C’est chou vert et vert chou. Cela bouge, cela fonctionne, cela fait agir.

Nicolas Van Caillie

Publié dans le sixième numéro du Journal des Quartiers Durables

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