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Entre greenwashing et réelles considérations environnementales

22 décembre 2010

Le belge est l’un des champions du recyclage. Mais les gestes environnementaux ne se limitent pas à celui-ci.

Recyclable, réutilisable, ou durable, résonnent dans nos oreilles depuis quelques années. Dernièrement, biodégradable et/ou compostable s’y sont ajoutés. Tout ce vocable vert, riche en « able », peut prêter à confusion. Pourtant, interrogé à la sortie du supermarché, le citoyen lambda semble s’y retrouver.

« Le recyclage c’est plutôt  de l’ordre de la transformation des matières. On prend des cartons avec lesquels on fait de la pâte pour refaire des cartons ». Bonne réponse monsieur ! D’ailleurs, avec un taux de recyclage de plus de 80%, le belge est l’un des meilleurs recycleurs au monde.

« Le biodégradable concerne quant à lui ce qui se dégrade et s’absorbe naturellement dans les composts, et autres traitements naturels », nous-dit celui-ci.  Un autre évoque une boucle bouclée lorsqu’il parle de biodégradabilité.

L’idée même de la biodégradation est celle d’un cycle complété. Les déchets organiques, sous l’action de micro-organismes, et sans ajouter de produit chimique, se dégradent et se décomposent en éléments premiers tels que le dioxyde de carbone (CO²), l’eau, la biomasse, et s’en retournent à la terre.

Si la compréhension des concepts de base est au rendez-vous, la confusion provient généralement de la multitude de mentions qui entourent les produits estampillés verts et/ou biodégradables que nous retrouvons sur les flacons et emballages des grandes surfaces.

À quel label se fier ?

Pour les aider dans ce décryptage, une asbl namuroise active dans la consommation durable (Écoconso) s’est associée au Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs (Crioc) afin d’éditer la brochure « Logos? Labels? Pictogrammes? Comment s’y retrouver? ».

« Il y a une tendance de la part des producteurs à mettre éco-ceci et éco-cela sur pas mal de produits. Or, il y a un manque de sérieux derrière certaines appellations », remarque-t-on chez Écoconso. Pour Ann Wulf, dans de nombreux cas  il s’agit juste « d’un argument de vente, de greenwashing. Il est important de ne pas se laisser avoir par les sirènes du marketing et par la mode sur laquelle surfent les industriels sans vraiment faire d’effort ».

De fait, les termes « biodégradable » ou « écologique » fleurissent aujourd’hui sur la plupart des produits d’entretien, d’hygiène, ou cosmétiques, éveillent l’attention, et pourraient faire penser que…mais attention !

En réalité, explique Renaud De Bruyn – chargé de mission chez Écoconso, « cela fait des années qu’une série d’obligations existe au niveau de l’Europe pour que par exemple les tensio-actifs soient biodégradables à 90%. Mais cela n’implique pas que le produit devienne pour autant inoffensif pour la nature. Les produits réellement écologiques quant à eux se biodégraderont jusqu’à 99 voire 100%. Dans ces cas-là, il est vraiment nécessaire que le consommateur regarde de plus près les labels en question, la composition et les ingrédients à éviter ». Il  y a donc « biodégradable » et biodégradable !

Éco-conseillère au Crioc, Catella Willi constate que le public est demandeur de de clarifications et d’informations lorsqu’il s’agit d’acheter et consommer vert – un geste  de plus en plus fréquent.

Comme le montrent les différents baromètres de consommation et études réalisés par le Crioc, les campagnes de sensibilisions aux thématiques environnementales portent leurs fruits, et le marketing aussi. La part des personnes interrogées achetant régulièrement des produits respectueux de l’environnement ne cesse de croître. Elle est ainsi passée de 15% en 1999 à 77% en 2007.

Effet de mode et mauvaises pratiques

Si ces chiffres, associés à un taux élevé de recyclage, donnent parfois l’impression au « public d’avoir fait quelque chose de suffisant en achetant vert ou en triant leurs déchets », commente Renaud De Bruyn ; ils traduisent néanmoins de réelles considérations écologiques – sur lesquelles viennent se greffer certains effets de mode. Tel est le cas avec la commercialisation récente des vaisselles et sacs jetables compostables.

Une solution ? Oui. La solution ? Non.

Après utilisation se pose la question de la valorisation : que faire avec ce déchet nouveau cri ? En théorie sa place se trouve dans un compost, domestique ou industriel. Dans le cas du compost domestique, sa pratique peu répandue est encore synonyme d’aprioris négatifs pour une majorité de wallons. Dans le cas du compost industriel, certaines intercommunales commencent à mettre en place des collectes sélectives pour les déchets organiques et compostables. Mais ce n’est pas encore la règle.

Dès lors, note Ann Wuld, « certaines personnes nous disent utiliser de telles vaisselles mais les mettre dans la poubelle normale. Cela n’a pas d’avantages à ce moment-là. Il n’y a pas trop d’intérêt à utiliser le compostable, le biodégradable, si c’est pour le mettre à la poubelle ».

Pour Renaud De Bruyn il n’y a pas de secret, la prévention du déchet lui-même prévaut. « Et à défaut, mieux vaut utiliser quelque chose de réutilisable, lavable, plutôt que du jetable à usage unique même s’il est biodégradable. Au niveau du bilan environnemental, c’est la solution gagnante », conclue-t-il.

Nicolas Van Caillie

Article publié dans le Télé Moustique à date inconnnue

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From → Télé Moustique

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