That’s the American way of reporting baby!
1 février 2008 par nvancaillie
« La vie d’étudiant est une bien belle vie », nous dit-on à longueur de temps. Cela est vrai en journalisme. Cela doit sans doute aussi être vrai pour d’autres raisons : la débauche, les nuits de folie, un emploi du temps plus ou moins accommodant, les rencontres, et probablement cette capacité toujours présente – mais sur la pente descendante – à ouvrir son esprit à d’autres idées et modes de penser.
Cursus dans la langue de Shakespeare et séjour à l’étranger obligent, mon horizon s’est graduellement élargi.
Me voilà aujourd’hui à contempler un panorama médiatique anglo-saxon. Je devrais plutôt utiliser le terme « observer », « contempler » contenant en lui une certain notion d’admiration.
Y a-t-il tant que cela à admirer ou contempler dans le paysage médiatique anglophone ? J’émets, maintenant depuis plus de trois semaines, de nombreux doutes. Besoin d’exemples ?
L’Irak avant invasion, la couverture du conflit israélo-palestinien ou de l’Iran par une bonne majorité des journalistes anglo-saxons en particulier.
L’analyse que font ces mêmes « acteurs » des conflits/tensions entre « notre » monde occidental (synonyme de civilisé, chrétien, ou que sais-je) et un soi-disant monde musulman (unifié et monochrome ?) en général.
Récemment la couverture médiatique de Nicolas Sarkozy par la presse américaine et anglaise m’a considérablement choqué. J’en ai même développé une sévère allergie : urticaire, pouffées de chaleur, dessins régressifs. Sarkozy le sauveur, Sarko l’Américain, Sarkozy le showman, Sarkozy et le mannequin…Bientôt cela sera Nicolas et Martine à la plage illustré par Marcel Marlier
Résultat et seul remède efficace pour combattre le mal : trois fois par jour, au moins, je me retrouve à lire et relire les mêmes titres sur les sites internet des journaux français Libération et Le Monde. Et je me mets à rêver…
Je rêve que ce type de journalisme – un si judicieux mélange d’informations, d’investigation, d’analyse et d’opinion – soit la norme de l’autre côté de l’atlantique. Le mode anglo-saxon de reporter a atteint ses limites. « Don’t tell, show ». Face à Sarkozy, cette manière de faire du « journalisme » devient synonyme de relation publique ou d’agence publicitaire.
Il n’y a plus rien à dire, plus rien à lire. That’s the American way of reporting baby!